Cancer du poumon

16 avril 2026

L’essentiel

  • Le cancer du poumon est la principale cause de cas et de décès liés au cancer dans le monde, avec, selon les estimations, 2,5 millions de nouveaux cas et 1,8 million de décès en 2022.
  • Plus de 1,3 million de cas chez les hommes et près de 500 000 cas chez les femmes sont évitables, la majorité étant attribuable au tabagisme (60-70 %), suivi par la pollution de l’air et l’exposition professionnelle.
  • Le cancer du poumon est souvent diagnostiqué à un stade avancé lorsque les options thérapeutiques sont limitées.
  • Le dépistage des personnes à risque élevé a le potentiel de permettre une détection précoce et d’améliorer considérablement les taux de survie.
  • La prévention primaire (telles que les mesures de lutte antitabac et la réduction de l’exposition aux facteurs de risque environnementaux) peut réduire l’incidence du cancer du poumon et sauver des vies.

Vue d’ensemble

Le cancer du poumon est une maladie grave et reste un problème majeur pour la santé publique dans le monde entier en raison de l’importance de son incidence et de sa mortalité. En 2022, le cancer du poumon était la principale cause de décès liés au cancer, avec, selon les estimations, 2,5 millions de cas et 1,8 million de décès.

Le cancer du poumon survient lorsque des cellules anormales se développent de manière incontrôlable dans les poumons. Les traitements dépendent des antécédents médicaux de la personne et du stade de la maladie.

Les deux principaux types de cancer du poumon sont le cancer du poumon non à petites cellules métastatique (NSCLC), qui représente environ 85 % des cas, et le cancer du poumon à petites cellules (SCLC), qui est moins fréquent mais généralement plus agressif.

Facteurs de risque

Le tabagisme (notamment le fait de fumer des cigarettes, des cigares et des pipes) est le principal facteur de risque du cancer du poumon. Les autres facteurs de risque importants incluent :

  • l’exposition à la fumée du tabac secondaire
  • la pollution de l’air extérieur et intérieur
  • les expositions professionnelles telles que l’amiante, la silice et les gaz d’échappement des moteurs diesel
  • l’exposition au radon
  • certaines maladies pulmonaires chroniques et une prédisposition génétique.

Prévention

Le fait d’éviter de fumer du tabac est le meilleur moyen de prévenir le cancer du poumon. Les autres facteurs de risque à éviter sont les suivants :

  • la fumée secondaire
  • la pollution de l’air
  • les dangers en milieu professionnel comme les produits chimiques et l’amiante.

La prévention primaire vise à prévenir l’apparition initiale d’une maladie par la réduction des risques et la promotion d’un comportement sain. En santé publique, ces mesures préventives comprennent le sevrage tabagique, la promotion d’environnements sans tabac, la mise en œuvre de politiques de lutte antitabac, la lutte contre les risques professionnels et la réduction des niveaux de pollution de l’air.

Symptômes

Les symptômes courants du cancer du poumon sont les suivants :

  • une toux qui ne disparaît pas
  • des douleurs thoraciques
  • un essoufflement
  • une expectoration de sang (hémoptysie)
  • une fatigue intense
  • une perte de poids sans cause connue
  • des infections pulmonaires qui reviennent sans cesse.

Les premiers symptômes peuvent être légers ou considérés comme des problèmes respiratoires courants, ce qui retarde le diagnostic.

Détection précoce

Les programmes de diagnostic précoce peuvent réduire les retards dans la prise en charge après l’apparition des symptômes. Dans les pays dont les systèmes de santé sont dotés de ressources suffisantes, le dépistage peut être envisagé pour certaines personnes à haut risque, en particulier les gros fumeurs actuels ou anciens, et il a été démontré qu’il permettait de réduire la mortalité due au cancer du poumon lorsqu’il est mis en œuvre dans le respect des normes de qualité et accompagné d’un suivi médical approprié.

Les méthodes de diagnostic du cancer du poumon comprennent l’examen clinique, l’imagerie (comme les radiographies pulmonaires, la tomodensitométrie et l’imagerie par résonance magnétique), l’examen de l’intérieur du poumon au moyen d’une bronchoscopie, le prélèvement d’un échantillon de tissu pour l’examen histopathologique et les tests moléculaires pour identifier des mutations génétiques ou des biomarqueurs visant à définir la meilleure option thérapeutique.

Traitement

Le traitement dépend du type de cancer, du stade, du profil moléculaire et de l’état de santé de la personne. Les options incluent :

  • la chirurgie
  • la radiothérapie (rayonnement)
  • la chimiothérapie
  • les thérapies ciblées
  • l’immunothérapie.

Les soins pluridisciplinaires sont essentiels pour optimiser les résultats. Les soins de soutien et les soins palliatifs jouent un rôle crucial dans la gestion des symptômes, le soulagement de la douleur et l’amélioration de la qualité de vie des patientes et patients et des familles à tous les stades de la maladie.

Stade précoce de la maladie : le premier traitement du cancer du poumon à un stade précoce (c.-à-d. une tumeur limitée au poumon, sans dissémination métastatique à des organes ou des ganglions lymphatiques éloignés) est l’excision chirurgicale de la tumeur au moyen d’interventions comme la lobectomie, la segmentectomie ou la résection cunéiforme. Le traitement néoadjuvant peut permettre de réduire la taille de la tumeur, ce qui facilite l’excision chirurgicale. Un traitement adjuvant est très souvent recommandé après la chirurgie pour réduire le risque de récidive du cancer. Dans les cas où la chirurgie n’est pas possible, la radiothérapie peut être utilisée comme premier traitement. La thérapie ciblée et l’immunothérapie peuvent également être envisagées en fonction des caractéristiques spécifiques de la tumeur. Les plans de traitement personnalisé devraient être discutés avec les professionnels de la santé.

Stade avancé de la maladie : le traitement du cancer du poumon au stade métastatique, c’est-à-dire lorsque le cancer s’est propagé à des organes ou à des ganglions lymphatiques distants, dépend de divers facteurs, dont l’état de santé général de la personne, l’étendue et la localisation des métastases, l’histologie, le profil génétique et les préférences individuelles. L’objectif principal est de prolonger la survie, de soulager les symptômes et d’améliorer la qualité de vie. Les traitements systémiques, comme la chimiothérapie, les thérapies ciblées et l’immunothérapie, jouent un rôle crucial dans le traitement du cancer du poumon au stade métastatique.

Essais cliniques : Les essais cliniques donnent aux patientes et patients la possibilité d’accéder à de nouveaux traitements ou à des thérapies expérimentales. La participation aux essais cliniques contribue à faire progresser les connaissances médicales et peut offrir de nouvelles options thérapeutiques.

Action de l’OMS

L’OMS lutte contre le cancer du poumon grâce à une approche globale axée sur la prévention, le dépistage précoce, le traitement et les soins, dans le cadre d’une stratégie intégrée de lutte contre le cancer et de promotion de la santé pulmonaire. En 2017, l’Assemblée mondiale de la Santé a adopté la résolution WHA70.12 sur la « Lutte contre le cancer dans le cadre d’une approche intégrée », invitant instamment les États Membres et l’OMS à accélérer leur action pour atteindre les objectifs définis dans le Plan d’action mondial pour la lutte contre les maladies non transmissibles 2013-2020 et le Programme de développement durable à l’horizon 2030 de l’Organisation des Nations Unies, en vue de réduire le taux de mortalité prématurée due au cancer. L’Assemblée mondiale de la Santé a également donné la priorité au cancer du poumon avec la résolution de 2025 sur les moyens de promouvoir une approche intégrée de la santé respiratoire et d’en faire une priorité.

Les actions prioritaires incluent le soutien à la mise en œuvre de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac, la réduction de l’exposition aux cancérogènes environnementaux et professionnels, le renforcement des programmes de détection précoce et de dépistage, ainsi que l’amélioration de l’accès équitable à des traitements de qualité et aux médicaments essentiels contre le cancer. L’OMS collabore avec les États Membres et ses partenaires pour faire reculer la mortalité liée au cancer du poumon et faire progresser les progrès vers la couverture sanitaire universelle.