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Unité de dialyse dans un centre médical
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Néphropathies

20 avril 2026

L’essentiel 

  • Les néphropathies peuvent être aiguës ou chroniques.
  • Des analyses simples de sang (dosage de la créatinine sérique) et d’urine (dosage de l’albuminurie) dans le cadre des soins primaires permettent de détecter une néphropathie chronique.
  • On estime que 674 millions de personnes, dont la plupart habitent dans un pays à revenu faible ou intermédiaire, sont atteintes d’une néphropathie chronique. 
  • La conséquence la plus grave d’une néphropathie chronique est l’insuffisance rénale, qui nécessite une dialyse ou une transplantation pour la survie du patient.
  • On ne connaît pas la charge mondiale des néphropathies aiguës. 

Vue d’ensemble 

Une néphropathie survient quand les reins ne peuvent plus éliminer correctement les déchets et l’excès de liquide dans le sang. Les néphropathies aiguës surviennent brutalement et sont souvent réversibles moyennant une intervention rapide. En revanche, les néphropathies chroniques évoluent lentement, sont souvent irréversibles et peuvent avoir des effets allant d’un dysfonctionnement bénin à une insuffisance rénale. Les personnes souffrant d’insuffisance rénale nécessitent généralement une dialyse ou une transplantation rénale pour survivre. 

Les néphropathies sont à l’origine d’une morbidité importante, de handicaps et de décès prématurés, notamment parce qu’elles sont la cause ou la conséquence de maladies cardiovasculaires. La charge des néphropathies augmente parallèlement à celle du diabète et de l’hypertension artérielle, et avec le vieillissement de la population. Les inégalités mondiales dans l’accès au dépistage, aux médicaments essentiels, aux professionnels de santé et aux thérapies de substitution rénale sont un enjeu mondial majeur et contribuent à des millions de décès évitables chaque année. 

Symptômes 

Comme les néphropathies restent souvent asymptomatiques jusqu’à un stade avancé, les personnes à risque doivent absolument passer régulièrement des examens. Les néphropathies graves ou à un stade avancé peuvent entraîner une fatigue, une dyspnée, des démangeaisons généralisées, des œdèmes aux membres inférieurs, des crampes, des nausées ou des vomissements. 

Néphropathies chroniques 

Les néphropathies chroniques ont de nombreuses causes : diabète, hypertension artérielle, maladies cardiovasculaires, glomérulonéphrite (inflammation des glomérules rénaux, les unités de filtration du rein), certaines affections génétiques, certains médicaments, certaines toxines et certains agents infectieux. Dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, une part importante de personnes atteintes de néphropathie chronique n’a jamais été exposée à des facteurs de risque connus. 

Le diagnostic de néphropathie chronique repose sur le dosage de la créatinine sérique pour estimer le débit de filtration glomérulaire (DFG) ; un DFG bas suggère l’existence d’une néphropathie. Deux DFG <60 ml/min/1,73 m2 à au moins 90 jours d’intervalle signent la présence d’une néphropathie chronique. Une élévation durable de l’albuminurie (rapport albumine/créatinine de >3 mg/mmol (30 mg/g)) indique également la présence d’une néphropathie chronique. 

Il est possible de réduire le risque de néphropathie chronique en adoptant un mode de vie sain (activité physique régulière, maintien d’un poids de forme et abstinence tabagique). En cas de diabète, d’hypertension ou de maladie cardiovasculaire, une bonne maîtrise de la tension artérielle, de la glycémie et du bilan lipidique, en plus d’un mode de vie sain, peut contribuer encore à réduire le risque de néphropathie chronique.

Il est essentiel d’intégrer la santé rénale dans les soins primaires pour un diagnostic précoce et un traitement rapide des néphropathies. L’estimation du DFG et le dosage de l’albuminurie peuvent être pratiqués systématiquement dans le cadre des soins primaires pour les personnes souffrant d’hypertension, de diabète et de maladies cardiovasculaires, dans le but de diagnostiquer et de traiter précocement les néphropathies. 

Dans les cas de néphropathie chronique, la prise en charge vise à ralentir l’évolution, à réduire le risque cardiovasculaire et à prévenir les complications à un stade avancé.

En cas d’insuffisance rénale, une thérapie de substitution rénale (dialyse ou transplantation) peut être nécessaire.

Lorsque la transplantation ou la dialyse sont impossibles ou inabordables ou ne sont pas acceptées par la personne, l’instauration d’un traitement conservateur permet de soulager les symptômes et de préserver la qualité de vie. 

Néphropathies aiguës

Les néphropathies aiguës correspondent à une dégradation de la fonction rénale en quelques heures à quelques jours, qui peut être réversible moyennant une prise en charge rapide. Malgré leurs différences quant à leur mode de survenue et à leur caractère réversible ou irréversible, les néphropathies aiguës et les néphropathies chroniques sont étroitement liées : une néphropathie aiguë peut entraîner une néphropathie chronique et une néphropathie chronique accroît le risque de néphropathie aiguë. Ne serait-ce qu’un seul épisode de néphropathie aiguë augmente le risque de néphropathie chronique et de décès. 

Les causes habituelles de néphropathie aiguë sont le sepsis, une intervention chirurgicale lourde, les traumatismes, les complications de la grossesse, les médicaments néphrotoxiques et l’hypovolémie. 

Le diagnostic de néphropathie aiguë repose sur l’élévation de la créatinine sérique au-dessus des valeurs initiales (avant la maladie), et/ou sur l’hypodiurèse. 

Il est possible de prévenir les néphropathies aiguës en évitant et en traitant la déshydratation, les infections et les complications liées à la grossesse. 

La prise en charge des néphropathies aiguës consiste à traiter les causes, à corriger les déséquilibres hydriques/électrolytiques et à pratiquer une dialyse si nécessaire.<

Action de l’OMS 

En mai 2025, l’Assemblée mondiale de la Santé a adopté une résolution intitulée « Alléger la charge des maladies non transmissibles en favorisant la santé rénale et en renforçant les moyens de prévenir et de combattre les maladies rénales ». Cette résolution appelle à promouvoir la santé rénale à toutes les étapes de la vie, à améliorer la détection précoce et la prise en charge des maladies rénales – en particulier chez les personnes diabétiques et hypertendues – et à garantir un accès équitable aux médicaments et aux services essentiels.